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3 décembre 2014

Reliure en peau humaine


      Le 3è Reich, ses camps de la mort, et l’inventaire de ses atrocités, nous glacent le sang, et nous laissent encore perplexes, face à la barbarie exercée par l’homme ! Nous avons tous entendu parler des savons faits avec de la graisse humaine, des tibias montés en chandeliers et des abat-jours réalisés dans de la peau des condamnés, sans vouloir tout à fait le croire !
      Les reliures en peau humaine sont bien antérieures à la seconde guerre mondiale. Vers la fin du règne de Louis XV, des savants s'essayèrent au tannage de la peau humaine, notamment dans les laboratoires du château de Meudon d'où sortirent, affirme Valmont de Bomare dans son Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, des pantoufles que porta le roi lui-même, avec satisfaction. 
Certains médecins demandaient expressément que leur travail sur l’anatomie soit relié en peau humaine. Le grand anatomiste John Hunter (1728-1793) est ainsi connu pour avoir spécifié que son traité de dermatologie soit relié ainsi. La peau utilisée provenait le plus souvent de condamnés à mort. Un grand classique de la littérature médicale, les « Tables des muscles et squelette du corps humain » de Bernhard Albinius, était lui aussi relié en peau humaine.
Le Dr Victor Cornil (1837-1908), professeur d’anatomie réputé de l’Université de Paris et auteur en 1882 de « Syphillis », avait en sa possession un morceau de peau humaine tatouée qui datait de Louis XIII. Il était aussi  détenteur d’un exemplaire des Trois mousquetaires relié en peau humaine.
La période de la terreur, à la fin du 18è siècle, s’est avérée d’une insoupçonnable cruauté, on parle à nouveau d’une tannerie de peau humaine dans la bonne ville de Meudon. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'un des livres les plus connus avec ce type de reliure est un exemplaire de la Constitution de 1793 !!!   Cet exemplaire, qui appartenait au marquis de Turgot, a été acheté en 1889 par la bibliothèque Carnavalet. (relié en peau d’aristocrate…sic)
 
Qui prône la Révolution doit endosser la responsabilité de tous ses massacres, de toutes ses turpitudes, telles les tanneries de peau humaine sur lesquelles existent trop de témoignages pour qu'on les révoque en doute.
              Citons d'abord le témoignage du conventionnel Harmand (de la Meuse) qu'il a consigné dans un livre paru en 1820 chez Maradan: "Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s'était refusée aux recherches de Saint-Just ; il la fit conduire à l'échafaud. Après l'exécution il voulut qu'on lui présentât le cadavre et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer (la peau) par un chamoiseur et la porta en culotte.
. . On ne peut négliger le témoignage d'une personne qui vécut sous la Révolution et était bien placée pour recueillir des confidences : c'est Aimée de Coigny qui écrit, dans le chapitre sur la Convention de son "Journal" :
"Trois tanneries de peaux humaines, aux Ponts de Cé (près d'Angers), à Etampes, à Meudon, ont été identifiées ; à la fête de l'Etre Suprême plusieurs députés en portèrent des culottes.
L"abbé de Montgaillard corrobore les dires d'Aimée de Coigny dans le troisième des neuf tomes de son "Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu'en 1825" ; (p. 290) il a vu cette tannerie de Meudon et il confirme qu'on y  « tannait la peau humaine, et il est sorti de cet affreux atelier des peaux parfaitement préparées.  Le duc d'Orléans (Egalité) avait un pantalon de peau humaine Les bons et beaux cadavres des suppliciés étaient écorchés et leur peau tannée avec un soin particulier. La peau des hommes avait une consistance et un degré de bonté supérieur à la peau de chamois ; celle des femmes présentait moins de solidité »
 
   Dans un ouvrage impartial et s'appuyant sur des documents irréfutables, le professeur Raoul Mercier, professeur honoraire de l'Ecole de Médecine de Tours, membre correspondant de l'Académie des Sciences, publia en 1939 chez Arrault et Cie, à Tours: "Le Monde médical dans la guerre de Vendée" où il donne des précisions sur le chirurgien-major Péquel du 4ème bataillon des Ardennes qui « s'est acquis, dit le Pr Mercier, une triste célébrité en dirigeant l'atelier de tannerie de peaux des Vendéens fusillés près d'Angers ».
   Le scandale de la peau de combattant Chouan exposé au Museum d’Histoire Naturelle de Nantes durant l’hiver 2002 a contribué également à faire mieux connaître ce summum de la barbarie perpétrée par les troupes républicaines durant l’hiver 1793-1794. Des pièces à conviction existent dans des collections privées ; mais l'on peut voir au musée Dobrée, à Nantes, une peau tannée. Ce n'est pas celle d'un Vendéen, c'est celle d'un Bleu, tué à la défense de Nantes, en juin 1793, qui avait légué sa peau pour en faire un tambour ! Selon sa volonté elle fut préparée dans une tannerie des bords de la Sèvre nantaise; malheureusement son épaisseur insuffisante ne convint pas à un tel usage…
    Le bulletin :"L'intermédiaire des chercheurs et curieux" du 30 mars 1936 révélait qu'il s'était tout de même trouvé un tribunal pour condamner l'officier de santé Morel et le bourreau, coupables d'avoir détourné la peau de l'abbé Thomas, de Guebwiller, guillotiné à Colmar.
Reynald Secher, écrivain, historien et spécialiste de l’histoire de la Vendée, lors de ses conférences en 1986 – 1987 (notamment salle Cadoré à Versailles) parlera et présentera une diapositive de la peau de Vendéen intacte, qu’il avait découvert aux archives historiques du château de Vincennes.
 
    M. Camille Flammarion (1842-1925), fondateur de la Société Astronomique de France, astronome et écrivain, auteur de « l’Astronomie populaire », (1842-1925) rencontre dans une soirée, une charmante femme du monde, une comtesse dont il admire les épaules. Le temps passe . Un jour, il reçoit un colis, un billet l'accompagne qui lui explique le contenu. La comtesse est morte et cette peau qu'il a sous les yeux c'est le dos admiré.
M. Camille Flammarion ne se démonte point. Il défère au vœu de la morte et la peau de la comtesse habille "Ciel et Terre" .
    Dans le journal des Goncourt, l’un des deux frères relate sa visite chez le bibliophile Frédéric Henkey, collectionneur Anglais. « Je suis sorti de chez cet homme comme d’un cauchemar, brisé, l’estomac en bas comme après avoir bu, la tête vide ».  Henkey lui a en effet expliqué avec de sordides détails, qu’il attendait impatiemment la peau d’une jeune fille pour faire relier un exemplaire rare de Sade !
     D'autres exemples : La bibliothèque de Cleveland possède un Coran, relié avec la peau d'un croyant, à sa propre demande, ( mais après sa mort, avait-il précisé…)
     L’Angleterre n’est pas en reste, à Malborough, au début des années 1900, deux livres ont été reliés avec la peau de Mary Ratman, sorcière du Yorkshire, exécutée pour sorcellerie et  assassinats.
L’exemplaire de « les confessions de George Walton » (Narrative of the Life of James Allen alias George Walton), porte l'inscription "HIC LIBER WALTONIS CUTE COMPACTUS EST" sur le 1er plat, ce qui signifie : Ce  livre a été écrit par Robert Walton et relié comme il l’avait souhaité, dans sa propre peau.

    Le plus morbide de cette affreuse histoire, c’est que ces livres sont jalousement enfermés dans des bibliothèques privées, que par exemple « La danse des morts » en première photo ci-dessus, s’est vendu en salle des ventes publiques, et que les acheteurs se sont battus jusqu’à le payer 7300 euros…Grand bien leur fasse !

 C’est la peau de truie qui est la plus proche de la peau humaine, bien que les pores soient : dans le premier cas, carrés et dans le second,  triangulaires.